Le golfe et le cinéma

Saint-Tropez, le cinéma, et ce qu'un film de 1956 a changé
Saint-Tropez, le cinéma, et ce qu'un film de 1956 a changé
Saint-Tropez, le cinéma, et ce qu'un film de 1956 a changé
  • 9 septembre 2026
  • Vivre à Sainte-Maxime

Nos locataires viennent souvent d'ailleurs, et ils posent tous la même question au bout de quelques semaines : pourquoi ce petit port, plutôt qu'un autre ? La réponse tient en grande partie à un film sorti il y a soixante-dix ans, et à une exposition que l'on peut voir en ce moment à vingt minutes de bateau.

Un tournage de trois mois, au printemps 1956

Roger Vadim tourne Et Dieu créa la femme dans le golfe entre le 3 mai et le 7 juillet 1956. Raoul Lévy produit, Armand Thirard signe l'image, Paul Misraki la musique. Brigitte Bardot y joue Juliette Hardy, aux côtés de Curd Jürgens, Jean-Louis Trintignant et Christian Marquand. Le film sort à Paris le 28 novembre 1956 et dure quatre-vingt-dix minutes.

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Le choix du décor naturel est alors inhabituel. On tourne en studio à cette époque, et Vadim préfère la rue, le port et la plage. Les intérieurs seuls sont réalisés aux studios de la Victorine, à Nice. Cette méthode annonce ce que fera la Nouvelle Vague quelques années plus tard.

Le film montre un Saint-Tropez encore peu bâti, avec peu de voitures et des plages naturelles sans établissements privés. C'est cette image qui circule ensuite dans le monde entier.

La Cinémathèque française résume l'effet en une phrase : le film propulse Bardot au rang de star et fait de Saint-Tropez la destination la plus en vogue.

Ce que le film a déclenché

Le succès vient d'abord de l'étranger. L'accueil français est tiède, puis le film s'impose en Europe de l'Ouest, au Japon et jusque dans le bloc soviétique. Aux États-Unis, des tentatives d'interdiction par des organisations religieuses renforcent sa notoriété. Le film ressort même en salles, ce qui est rare à l'époque.

Les Parisiens découvrent alors la Méditerranée par cette porte-là. Le golfe passe en quelques saisons du statut de port de pêche à celui de destination internationale. La Ville de Saint-Tropez le formule aujourd'hui simplement : c'est le film qui a lié à jamais Saint-Tropez à l'histoire du cinéma.

Nous restons prudents sur les chiffres. Aucune étude publique ne mesure la part de la fréquentation touristique attribuable à ce film, et nous n'inventerons pas de pourcentage.

Le lien est documenté par les institutions, sans être quantifié.

Un tournage de trois mois au printemps 1956, et un port de pêche devient une destination mondiale.

Brigitte Bardot, 1934-2025

Née à Paris le 28 septembre 1934, Brigitte Bardot s'est éteinte le 28 décembre 2025 à Saint-Tropez, à l'âge de quatre-vingt-onze ans. Ses obsèques ont eu lieu le 7 janvier 2026 en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption. La Ville de Saint-Tropez lui a rendu hommage en la présentant comme sa plus brillante ambassadrice, installée sur la commune depuis plus de cinquante ans.

Sa carrière compte une quarantaine de films, dont La Vérité de Henri-Georges Clouzot en 1960 et Le Mépris de Jean-Luc Godard en 1963. Elle quitte le cinéma en 1973, après L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise, réalisé par Nina Companeez.

Elle consacre ensuite sa vie à la cause animale. Elle crée sa fondation en 1986, et celle-ci est reconnue d'utilité publique par décret le 21 février 1992.

Son objet est la protection des animaux sauvages et domestiques, la lutte contre la souffrance animale et le renforcement des réglementations à l'international. Son conseil d'administration comprend des représentants des ministères de l'Intérieur, de l'Écologie et de l'Agriculture.

Une phrase, publiée sur le site de la fondation, résume ce tournant : « J'ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux. »

L'exposition à voir en ce moment

Le musée de la Gendarmerie et du Cinéma, musée municipal de Saint-Tropez, présente Et Dieu créa la femme, 70 ans de légende, du 16 avril 2026 au 7 mars 2027. L'exposition traite des origines du film, de son impact, de sa modernité et de son héritage.

Le musée se trouve 2 place Blanqui, à deux pas du port. L'entrée coûte 5 € en plein tarif et 3 € en tarif réduit, pour les douze à dix-huit ans, les étudiants de moins de vingt-six ans et les demandeurs d'emploi. Elle est gratuite pour les moins de douze ans.

Les horaires suivent la saison. De septembre à octobre, le musée ouvre de 10 h à 18 h.

De novembre à février, il ferme à 17 h. De mars à juin, il ouvre de 10 h à 18 h, puis de 10 h à 19 h en juillet et en août. Le téléphone est le 04 94 55 90 20.

L'hiver est le bon moment pour cette visite.

Le musée est calme, la traversée depuis Sainte-Maxime dure vingt minutes, et l'exposition reste ouverte jusqu'en mars 2027. De plus, en basse saison, la navette et le stationnement cessent d'être un sujet.

Le golfe comme décor, avant et après

Saint-Tropez n'a pas cessé d'attirer les tournages après 1956, et le musée municipal en garde la trace. L'établissement occupe l'ancienne gendarmerie, décor lui-même passé au cinéma, ce qui explique son nom double et sa double collection.

Pour un habitant de Sainte-Maxime, tout cela tient dans une demi-journée. On prend le bateau le matin, on visite, on déjeune sur le port, et on rentre par la navette de l'après-midi. Hors saison, les quais sont dégagés et le musée se traverse sans attente.

C'est l'un des arguments les moins racontés de la vie à l'année sur cette côte. La région reste équipée comme une destination internationale, avec les musées, les expositions et les événements qui vont avec, mais dix mois sur douze, elle se vit comme une petite ville.

Les tarifs, les horaires et les dates d'exposition ci-dessus ont été relevés le 11 septembre 2026 sur le site de la Ville de Saint-Tropez. Un appel au musée avant de partir reste la meilleure façon de confirmer une ouverture un jour férié.

Avant 1956, un port de pêche

Le golfe n'a pas toujours regardé vers le tourisme. Saint-Tropez vivait de la pêche et du commerce maritime, et Sainte-Maxime, sur l'autre rive, gardait le même caractère de petit port varois. Les images du film montrent d'ailleurs cet état des lieux : peu de constructions, peu de voitures, des plages sans établissements privés.

Cette période a laissé des traces encore visibles. La tour carrée et l'église de Sainte-Maxime, le tissu ancien des rues piétonnes, la forme du port : tout cela précède la vague touristique et lui survit. Se promener dans le vieux centre hors saison suffit à le mesurer.

La transformation a été rapide, et elle a touché les deux rives inégalement.

Saint-Tropez est devenue une destination internationale, quand Sainte-Maxime a gardé une vie de commune, avec ses écoles, ses commerces de quartier et sa population permanente. C'est cette différence qui explique qu'on puisse encore se loger ici à l'année.

Le musée, et le reste de la culture à portée de bateau

Le musée de la Gendarmerie et du Cinéma occupe l'ancienne gendarmerie de Saint-Tropez, décor devenu lui-même célèbre au cinéma. Le bâtiment et les collections racontent donc deux histoires en même temps, celle du lieu et celle des tournages du golfe.

L'exposition en cours, Et Dieu créa la femme, 70 ans de légende, tient l'affiche jusqu'au 7 mars 2027. Elle traite des origines du film, de son impact, de sa modernité et de son héritage. C'est la meilleure porte d'entrée pour comprendre ce que 1956 a changé ici.

Un mot sur les images, puisque la question revient souvent. Les photographies de plateau et les clichés de presse de cette époque restent protégés par le droit d'auteur du photographe, pendant soixante-dix ans après sa mort.

Nous n'en publions donc aucune, et nous illustrons cet article avec nos propres vues du golfe.

Voir le golfe hors saison

Une visite culturelle à Saint-Tropez se prépare mieux en hiver qu'en août. Les quais sont dégagés, le musée se traverse sans attente, et la navette maritime assure encore une desserte quotidienne, à raison de neuf départs par jour en novembre et en décembre.

De notre côté du golfe, la même logique vaut pour tout le reste. La médiathèque, le cinéma et les équipements de Sainte-Maxime fonctionnent toute l'année, pour une population permanente d'environ quatorze mille habitants. En été, ces mêmes équipements servent une population sans commune mesure.

C'est le fond de l'affaire, et c'est ce que nous répétons à chaque visite. Habiter ici à l'année, c'est disposer d'une région équipée comme une destination internationale, tout en vivant dans une ville de quatorze mille habitants dix mois sur douze.

Ce que le cinéma a laissé au golfe

Un film ne crée pas une destination à lui seul, mais il peut en révéler une. Le golfe possédait déjà son port, sa lumière et son arrière-pays. Le film de 1956 leur a donné une image, et cette image a voyagé plus loin et plus vite que n'importe quelle campagne.

Soixante-dix ans après, l'effet se lit encore dans la structure du territoire. La commune de Saint-Tropez vit largement du tourisme et de la plaisance. Les communes voisines, elles, se sont partagé les fonctions : logement, écoles, commerces du quotidien, services. Sainte-Maxime tient ce rôle sur la rive nord.

C'est pourquoi le logement à l'année s'y est maintenu, quand il s'est raréfié ailleurs dans le golfe. Nous louons ici depuis 1971, avant comme après la vague, et nous n'avons jamais basculé vers la location de vacances.

Se faire son propre avis

Le film se revoit facilement, et il vaut mieux que sa réputation. On y regarde aujourd'hui autant le décor que l'intrigue : le port avant les yachts, les ruelles avant les boutiques, la plage avant les paillotes. C'est un document sur un lieu, autant qu'un objet de cinéma.

L'exposition du musée municipal complète cette lecture jusqu'en mars 2027. Pour cinq euros et vingt minutes de bateau, c'est la sortie culturelle la plus rentable du golfe, et elle se fait très bien un après-midi d'hiver.

Ensuite, remontez à pied jusqu'à la citadelle ou faites le tour du port. Vous verrez le décor du film et la ville d'aujourd'hui dans le même champ. C'est la meilleure façon de comprendre ce qui a changé, et ce qui n'a pas bougé.

Une commune de cinéma, à sa manière

Sainte-Maxime a son propre équipement culturel, et il porte un nom qui parle de cinéma. Le Carré Léon Gaumont réunit la médiathèque et la salle de cinéma de la commune, en plein centre. Il fonctionne toute l'année, pour une population permanente d'environ quatorze mille habitants.

C'est une différence concrète avec une station purement saisonnière. Un équipement culturel ouvert en février suppose un public en février, donc des habitants à l'année, donc des logements loués à l'année. Les trois vont ensemble, et c'est exactement ce que nous essayons de maintenir à notre échelle.

Plusieurs de nos logements se trouvent rue Léon Gaumont, à quelques pas de ce bâtiment. Ce n'est pas un hasard non plus : c'est le centre, avec ses commerces, ses services et sa vie d'hiver.

Ajoutons un dernier repère, pour situer l'échelle. Le musée de Saint-Tropez ouvre de 10 h à 18 h en septembre et en octobre, puis de 10 h à 17 h de novembre à février. La navette part de Sainte-Maxime toute l'année. Une visite tient donc dans une après-midi, même au cœur de l'hiver.

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